Décryptage : ONPC Marlène Schiappa/Jean-Claude Van damme


Exemples live / mercredi, août 29th, 2018

Les émissions de télévisions qui réunissent sur un plateau des personnalités invitées et des chroniqueurs n’ont pas tant comme objectifs de faire avancer la réflexion. Il s’agit avant tout de produire un spectacle et celui-ci sera d’autant plus réussi que les joutes seront acérées.
Pour cela les journalistes qui interviewent les invités sont des experts qui connaissent toutes les techniques permettant d’attiser une polémique. C’est aussi le cas des bons clients, ceux dont on peut prédire à l’avance qu’ils vont clasher avec les autres personnes présentes et faire étalage de bons mots.

Petit exercice d’analyse d’une courte séquence. On n’est pas couché du 30 juin 2018. Invités : Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat aux droits des femmes, Jean-Claude Van Damme acteur.

On peut noter pour commencer que l’acteur interrompt, avec un sifflet, la tirade de Marlène Schiappa. Ce qui place tout de suite son intervention dans le rebelle et le fait qu’il commence par “excusez-moi” n’est que le signe qu’il ne va pas se placer au niveau assez intellectuel auquel elle-meêm a situé son propos. On se doute effectivement qu’il n’est pas très compétent en matière d’histoire edu féminisme.

Il a en face de lui une secrétaire d’etat, mais il va la tutoyer d’emblée, sans lui demander son avis. Elle de son coté ne se départira pas du vouvoiement et ne se laissera pas déstabiliser. (Elle a déja démontrer à de nombreuses reprises cette grande capacité à ne pas se laisser déstabiliser).

Pour lui tenir un propos qui n’a pas de rapport direct avec ce qu’elle dit puisqu’elle est en train de répondre à la question de ce que signifie pour elle être une femme.

Ces phrases ont l’allure de syllogismes .

JCVD :

Excusez-moi, mais tu es une femme, je suis un homme.

Il y a des femmes qui aime travailler comme toi, et qui savent faire les 2 choses s’occuper des enfants et travailler. Il y a des femmes qui aiment rester à la maison . Elles aiment bien les enfants.

Si toutes les femmes travaillent. Qu’est ce qu’ils font les enfants à la maison ?

Rires du public et de l’animateur. L’effet est donc réussi.

Si tu as envie de faire quelque chose tu suis ton mouvement à toi mais tu n’imposes à d’autres femmes ce que tu voudrais toi faire.

En réalité, ce qui se présente comme une démonstration logique n’a ni queue ni tête.

Marlène Schiappa confirme par un “oui d’accord” qu’elle valide les prémisses. Elle pourrait d’ailleurs être plus attentive car il y a dans cette dernière phrases l’idée sous-entendue que celles qui travaillent aiment moins les enfants.

Marlène Schiappa pourrait essayer d’invalider ces propositions et de démontrer qu’une majorité de femmes travaillent sans pour autant qu’une majorité d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes à la maison ou qu’elle n’a jamais cherché à imposer ses propres choix mais au contraire essayé de permettre à toutes les femmes de choisir.

Elle choisit une autre stratégie, plutôt habile car il est bien évident que ce débat n’aboutira à rien et que non seulement il n’est pas question de convaincre JCVD de quoi que ce soit mais dans la mesure où il a mis les rieurs de son coté elle risque de se le mettre à dos en revenant sur un registre somme toute assez technique.  Elle lui répond donc d’une façon inattendue pour lui, non pas sur le contenu de ce qu’il vient de dire, mais sur la forme. Et en profite pour lui expliquer la notion de mansplaining. Communiquer sur ce qui se passe dans la communication s’appelle de la METACOMMUNICATION. C’est hyper efficace quand on ne sait pas quoi dire d’autre.

Elle a raison, le public et l’acteur applaudissent.

Vdamme poursuit en utilisant une technique des plus fréquentes. Il prend un exemple particuler, celui de sa femme, pour en tirer une conclusion générale.  “j’ai une femme super. J’ai eu des hauts et des bas dans ma vie et grâce à cette femme elle a su tenir une famille incroyable et sans cette femme, sa vie c’est la famille, c’est les enfants, elle est heureuse à la maison . Je peut pas la changer, elle aime bien travailler et s’occuper d’un mouvement c’est bien ça me dérange pas mais une femme c’est une femme, un homme c’est un homme, un chien c’est un chien” (rires) On se rappelle que JCVD est là pour faire sa promotion et qu’il sait que le meilleur moyen pour qu’on parle de lui après ce type d’émission est de faire de la provocation. Par contre, il n’a toujours pas l’intention d’aller sur un terrain trop technique et s’empresse de préciser qu’il est “un mec très simple, qui a réussit mais qui voit les choses très simples”

Le débat embraye ensuite sur l’affaire Weinstein, je vous laisse continuer l’analyse. Vous pouvez mettre vos observations en commentaires.

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